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  • : L'explorateur égaré
  • L'explorateur égaré
  • : 14/10/2007
  • : Et un de plus !!! J'ai résisté un peu, mais sans raison réelle, je m'exécute maintenant et ofrre à lire quelques facettes de ma vie. Quelques convictions profondes, des appréciations et puis diverses créations...
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Carbone 14

Et oui, ne cherchez pas en vain, il n'y a pas de datation...
Vous trouverez ensembles des textes récents parmi d'autres, plus anciens !
Je transpose des textes déjà écrits sur papier, vers ces pages, et je continue d'en écrire de nouveaux...
Mais, le feeling est constant, Mélancolie dure, Mélancolie douce !

Vos jouets improvisés...

Alimentez ce petit grenier
de l'imaginaire, par ICI...

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Phase 8 (Enfer, plat principal)

La nuit de dimanche fut paisible, je dormais profondément...

Le lundi, pas de visite d'un médecin, mais quelques examens complémentaires, d'autres radios...
Et puis on m'avait dis que la grande visite du mardi me permettrait d'en savoir plus, de poser mes questions, et que mon cas serait véritablement étudier à partir de là...

Le réveil de mardi fut infernal, j'étais abasourdi, certe, je n'avais plus la moindre douleur, un confort appréciable après un mois de supplice permanent, mais je ne pouvais plus bouger, ni sentir la moindre chose du milieu du thorax jusqu'à la pointe de mes orteils !

Perplexe, totalement dépassé, je ne comprenais que très mal ce qui m'arrivait, on me changea à nouveau de chambre, pour être seul, ce n'est pas convenable de trépasser en compagnie, d'agoniser à coté d'un voisin anxieux de vous voir tellement souffrir, tellement perdu, tout seul...

Autour de moi, on s'activait, j'ai bien vu des médecins, mais je n'ai rien compris, en dehors du fait qu'il y avait urgence à opérer, qu'il était indispensable, au préalable, de me faire une angiographie de cette tumeur, examen difficile qui se fait sous anesthésie générale et dans les conditions d'une opération, on est lavé, désinfecté, rasé, shooté !

L'opération serait programmée dans la semaine, aussitôt que possible...
Donc, le mardi soir, à compter de minuit, plus le droit de boire ou de manger, le lendemain, on devait me visiter le système sanguin...

Mercredi 25 mars 1987, dans la matinée, pas très tôt, on me descendait en salle pour cet examen.
Attente, pénible, qui devait me rensigner sur la nature des attentes à l'hopital de la Pitié-Salpétrière, interminables et dans la sollitude la plus totale, sans un geste ou un regard d'humanité, rien !!!

On est venu me chercher, on m'a anesthésié, pfouiit, tout disparait, j'ai un premier réveil improbable de nuit, mais quand ? et où ?
Déjà le 26 sans doute, l'opération avait été décidée immédiatement après l'angiographie, sous la même anesthésie, elle a durée 11:00 heures environs...
 
Avec un staff important, un chirurgien orthopédiste, un neuro-chirurgien, un oncologue, leurs assistants...

Un amie de ma soeur, médecin, avait pu assiter à l'opération, d'en haut, de l'espace réservé aux internes qui regardent et s'instruisent sans gêner les maitres, à être trop près d'eux...
Une véritable boucherie selon lui, où l'on visse les plaques à la visseuse électrique, monté sur le dos du patient qui est maintenu en extention maximale les bras bien en avant !

Pas surprenant que ma première reflexion fut une sorte de " Putain, les fumiers, profiter que je sois endormi pour me bastonner ", oui, c'est ce que je ressentais.

Malgrés la paralysie et mes sens déconnectés, puisque rien ne pouvait parvenir à mon cerveau de ce qui était en dessous de mes omoplates.
De plus, on m'avait shooté massivement à la morphine, mais malgrés tout, je sentais combien mon corps avait été meurtri, la douleur ne me faisait pas souffrir, elle était là, je le savais, mais ce n'était pas moi qui en souffrait, j'étais au dessus, dehors, ailleur, loin...

Second réveil de jour, le 26 ? Pas sur, très nébuleux, matraqué que j'étais, j'entends mon père, pas très enclin à la sensiblerie habituellement, enfin, à la montrer, plus exactement, me dire d'une voix étranglé "Tiens bon...", je lui lêve un doigt, pour répondre, je pensais lever le pouce, mais c'est l'index qui a bougé, à peine, et puis je me suis encore endormis...

Plus tard, je me suis vraiment réveillé, sans être dans mon corps d'ailleur, et là, je suis resté en alerte consciente pendant une bonne semaine.
Sans pouvoir trouver un réel sommeil, mes yeux voyaient du rouge la nuit, quand je les fermais, j'avais des hallucinations en permanence, je me sentais debout, voyais des choses impossibles, je le savais, pourtant elles étaient là, je le savais aussi, le faux et le vrai était confondu, réel, plus que réel...

Je me savais en grand danger de mort, la peur se lit sur le visage des visiteurs, quoi qu'ils essayent, j'ai fait mon proçès, le premier, pas très favorable pour moi celui là.
Il m'a conduit à changer de façon d'être, et a tenter de racheter mes fautes, à devenir meilleur pour les autres, sans songer à moi, expier et ne plus recommencer, jamais une colère injustifiée, plus de gaspillage d'énergie, plus de méchanceté, jamais !!!

Le pronostic vital était très réservé pendant quinze jours, le chirurgien ne disait que des demi-vérités, je parlais de reprendre la conduite, la marche, mes activités, il ne pensait qu'aux peu de jours qu'il devait me rester, et ne se prononçait jamais au-delà de sa prudente réserve.

Tout dépendait de ma pression artérielle, il avait du reconstituer un réseau sanguin, rien n'assurait qu'il était viable, et ma moëlle épinière n'était pas plus épaisse qu'un crayon... 

Il avait retirer une tumeur énorme, comme une orange, il avait du combler le trou en me fendant le grand dorsal en deux, on appelle ça, faire un lambeau, et l'opération avait été très délabrante, charmant vocabulaire monsieur Lazennec, vous êtes un as du bistouri, mais en diplomatie, j'ai connu des voitures bien plus capable de sensibilité !

Après quinze jours, je me savais tiré d'affaire pour ce coup là, et je restais persuadé que je récupérerais, mais pour le moment, pas un geste possible et pas une sensation dans le bas du corps, un demi-homme, demi-bout de bois...

Vers la phase 9 (Enfer, dessert)

Qui suis-je ?

  • L'explorateur égaré
  • Homme
  • 23/09/1966
  • Célibataire
  • L'explorateur égaré
  • Personnage atypique du fait d'une vie renversée, je suis très paradoxal... Je peux être très joyeux quoiqu'une profonde mélancolie m'habite. Je suis curieux de tout, mais ne suis pas amateur des effets de modes.

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